Selon le sens où on veut l’entendre, le mot « hypnose » désigne deux univers totalement différents. L’hypnose clinique explore les voies de l’intime, du soin, de la rigueur scientifique et du bien-être. L’hypnose de spectacle fait dans le divertissement, le spectaculaire. Analyse, éthique en tête, de tout ce qui sépare ces deux mondes si éloignés.
INTRODUCTION
L’hypnose se décline aujourd’hui sous deux formes majeures : l’hypnose clinique, utilisée à des fins thérapeutiques, et l’hypnose de spectacle, destinée au divertissement. Si les deux reposent sur le même socle – l’induc
tion d’un état modifié de conscience et la mobilisation de processus attentionnels et imaginatifs –, leurs finalités, leur philosophie et leur cadre éthique divergent profondément.
L’hypnose clinique s’inscrit dans un accompagnement individualisé, respectueux du consentement et du rythme de la personne. Elle vise la réduction des symptômes, l’amélioration du bien-être et, parfois, la résolution de problématiques complexes (douleur, anxiété, troubles psychosomatiques, addictions) ; autant de champs d’application validés par de nombreuses études (Inserm, 2015 ; Académie des sciences, 2013).
A l’opposé, l’hypnose de spectacle se déroule devant un public, avec des inductions rapides, souvent centrées sur les volontaires les plus réceptifs. L’objectif est l’effet immédiat : étonner, faire rire, provoquer des réactions visibles et spectaculaires.
Sous un même mot, hypnose, se cachent deux univers qui ne se confondent pas :
• L’hypnose clinique, inscrite dans une démarche de soin et soutenue par des données scientifiques,
DIFFÉRENCES ESSENTIELLES
ASPECT: CADRE FINALITÉ ETHIQUE TECHNIQUES
IDÉES REÇUES SUR L’HYPNOSE
• « On perd totalement le contrôle » → Faux. En hypnose clinique, le sujet reste acteur et peut interrompre la séance à tout moment.
• « L’hypnose, c’est dormir » → Faux. C’est un état de concentration focalisée, ni sommeil, ni veille classique.
• « Une fois hypnotisé, on peut tout me faire faire » → Faux en contexte thérapeutique ; partiellement vrai sur scène si le cadre pousse à la conformité sociale et au jeu.
RISQUES ET EFFETS SECONDAIRES
HYPNOSE CLINIQUE
• Effets fréquents et bénins : fatigue, somnolence, légère désorientation, émotions transitoires.
• Effets rares mais plus graves : hallucinations, crises de panique, décompensation psychotique, déclenchement de souvenirs traumatiques.
HYPNOSE DE SPECTACLE
Risques plus élevés documentés :
• Décompensations dissociatives ou psychotiques.
• Réactivation de traumatismes → stress post-traumatique possible.
• Episodes anxiodépressifs.
• Douleurs physiques (catalepsie prolongée). • Amnésie dissociative.
Facteurs aggravants : absence d’évaluation préalable, techniques rapides et régressives, manque de suivi.
BONNES PRATIQUES ET CONTRE-INDICATIONS
A éviter absolument chez :
• personnes ayant un trouble psychotique avéré ;
• troubles dissociatifs sévères ;
• traumatisme non pris en charge médicalement ;
• adolescents vulnérables ou personnes très impressionnables.
A EXIGER :
• consentement éclairé ;
• distinction claire entre hypnose thérapeutique et spectacle ;
• information sur l’absence de bénéfice thérapeutique dans le cadre du divertissement ; • mention des qualifications de l’intervenant.
DONNÉES NEUROSCIENTIFIQUES.
Les recherches en neurosciences montrent que l’hypnose agit sur :
• le réseau de l’attention (modulation du cortex cingulaire antérieur) ;
• les zones de l’imagerie mentale (activation du cortex pariétal et visuel) ;
• les circuits de modulation de la douleur (implication du thalamus et des voies descendantes inhibitrices).
En hypnose clinique, ces mécanismes sont orientés vers un objectif précis, mesurable et durable. En hypnose de spectacle, ils servent surtout à provoquer des réactions rapides et visibles.
QUE DIT LA SCIENCE ?
• Inserm (2015) : preuves solides pour la gestion de la douleur, l’anxiété périopératoire et certains troubles fonctionnels.
• Académie des sciences (2013) : insiste sur la formation, l’éthique et l’adaptation au patient.
• Montgomery et al. (2016) : réduction de 29 % de la douleur post-opératoire avec l’hypnose.
• Virot C. et Radoykov S. (2025) : risques élevés lors des spectacles, surtout en absence d’évaluation préalable.
CONCLUSION.
L’hypnose clinique et l’hypnose de spectacle ne peuvent être mises sur le même plan. La première est un outil thérapeutique validé par la science, exigeant rigueur et respect du patient. Les deux pratiques s’appuient sur une modulation de l’attention et l’activation cérébrale spécifique. Toutefois, la rigueur scientifique et la validation expérimentale sont plus développées et documentées en contexte clinique que dans le milieu du divertissement scénique. La seconde est une performance qui, si elle amuse, peut aussi exposer à des effets indésirables parfois sévères. La clarté de l’information et la vigilance éthique sont donc essentielles pour protéger le public et préserver la crédibilité de l’hypnose thérapeutique.
INTRODUCTION
L’hypnose se décline aujourd’hui sous deux formes majeures : l’hypnose clinique, utilisée à des fins thérapeutiques, et l’hypnose de spectacle, destinée au divertissement. Si les deux reposent sur le même socle – l’induc
tion d’un état modifié de conscience et la mobilisation de processus attentionnels et imaginatifs –, leurs finalités, leur philosophie et leur cadre éthique divergent profondément.
L’hypnose clinique s’inscrit dans un accompagnement individualisé, respectueux du consentement et du rythme de la personne. Elle vise la réduction des symptômes, l’amélioration du bien-être et, parfois, la résolution de problématiques complexes (douleur, anxiété, troubles psychosomatiques, addictions) ; autant de champs d’application validés par de nombreuses études (Inserm, 2015 ; Académie des sciences, 2013).
A l’opposé, l’hypnose de spectacle se déroule devant un public, avec des inductions rapides, souvent centrées sur les volontaires les plus réceptifs. L’objectif est l’effet immédiat : étonner, faire rire, provoquer des réactions visibles et spectaculaires.
Sous un même mot, hypnose, se cachent deux univers qui ne se confondent pas :
• L’hypnose clinique, inscrite dans une démarche de soin et soutenue par des données scientifiques,
DIFFÉRENCES ESSENTIELLES
ASPECT: CADRE FINALITÉ ETHIQUE TECHNIQUES
- HYPNOSE CLINIQUE
Cabinet, confidentialité, adaptation au patient
Soulagement durable, santé psychologique et physique
Consentement éclairé, déontologie, suivi
Entretien préalable
Inductions progressives
et personnalisées
- HYPNOSE DE SPECTACLE
Scène, atmosphère collective, sélection de volontaires
Divertissement, performance, effet visuel
Consentement souvent sommaire, risque d’exposition excessive
Inductions rapides, suggestibilité forte requise
IDÉES REÇUES SUR L’HYPNOSE
• « On perd totalement le contrôle » → Faux. En hypnose clinique, le sujet reste acteur et peut interrompre la séance à tout moment.
• « L’hypnose, c’est dormir » → Faux. C’est un état de concentration focalisée, ni sommeil, ni veille classique.
• « Une fois hypnotisé, on peut tout me faire faire » → Faux en contexte thérapeutique ; partiellement vrai sur scène si le cadre pousse à la conformité sociale et au jeu.
RISQUES ET EFFETS SECONDAIRES
HYPNOSE CLINIQUE
• Effets fréquents et bénins : fatigue, somnolence, légère désorientation, émotions transitoires.
• Effets rares mais plus graves : hallucinations, crises de panique, décompensation psychotique, déclenchement de souvenirs traumatiques.
HYPNOSE DE SPECTACLE
Risques plus élevés documentés :
• Décompensations dissociatives ou psychotiques.
• Réactivation de traumatismes → stress post-traumatique possible.
• Episodes anxiodépressifs.
• Douleurs physiques (catalepsie prolongée). • Amnésie dissociative.
Facteurs aggravants : absence d’évaluation préalable, techniques rapides et régressives, manque de suivi.
BONNES PRATIQUES ET CONTRE-INDICATIONS
A éviter absolument chez :
• personnes ayant un trouble psychotique avéré ;
• troubles dissociatifs sévères ;
• traumatisme non pris en charge médicalement ;
• adolescents vulnérables ou personnes très impressionnables.
A EXIGER :
• consentement éclairé ;
• distinction claire entre hypnose thérapeutique et spectacle ;
• information sur l’absence de bénéfice thérapeutique dans le cadre du divertissement ; • mention des qualifications de l’intervenant.
DONNÉES NEUROSCIENTIFIQUES.
Les recherches en neurosciences montrent que l’hypnose agit sur :
• le réseau de l’attention (modulation du cortex cingulaire antérieur) ;
• les zones de l’imagerie mentale (activation du cortex pariétal et visuel) ;
• les circuits de modulation de la douleur (implication du thalamus et des voies descendantes inhibitrices).
En hypnose clinique, ces mécanismes sont orientés vers un objectif précis, mesurable et durable. En hypnose de spectacle, ils servent surtout à provoquer des réactions rapides et visibles.
QUE DIT LA SCIENCE ?
• Inserm (2015) : preuves solides pour la gestion de la douleur, l’anxiété périopératoire et certains troubles fonctionnels.
• Académie des sciences (2013) : insiste sur la formation, l’éthique et l’adaptation au patient.
• Montgomery et al. (2016) : réduction de 29 % de la douleur post-opératoire avec l’hypnose.
• Virot C. et Radoykov S. (2025) : risques élevés lors des spectacles, surtout en absence d’évaluation préalable.
CONCLUSION.
L’hypnose clinique et l’hypnose de spectacle ne peuvent être mises sur le même plan. La première est un outil thérapeutique validé par la science, exigeant rigueur et respect du patient. Les deux pratiques s’appuient sur une modulation de l’attention et l’activation cérébrale spécifique. Toutefois, la rigueur scientifique et la validation expérimentale sont plus développées et documentées en contexte clinique que dans le milieu du divertissement scénique. La seconde est une performance qui, si elle amuse, peut aussi exposer à des effets indésirables parfois sévères. La clarté de l’information et la vigilance éthique sont donc essentielles pour protéger le public et préserver la crédibilité de l’hypnose thérapeutique.
Pr Gérard Ostermann
Professeur de thérapeutique, médecine interne, psychothérapeute. Administrateur de la Société française d’alcoologie, responsable du diplôme d’université de Pathologie de l’oralité, Bordeaux 2.
Dr Fabrice Lakdja
Anesthésiste-réanimateur, médecin psychothérapeute. Exerce à l’Unité de traitement du stress, de l’anxiété et préventions de l’épuisement professionnel à l’Hôpital suburbain du Bouscat (Gironde). Ancien chef de service des soins de support des Centres de lutte contre le cancer.
Revue Hypnose et Thérapies Brèves 79: Nov. / Déc. 2025 / Janv. 2026
DEPRESSION
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°79…
8 / Éditorial : Le partage de l’imaginaire pour faire émerger des ressources Julien Betbèze
10 / En couverture : Gabrielle Grimaldi Pics et dentelles d’aquarelle Sophie Cohen
12 / Hypnose et imagination créatrice Une poétique de l’action Alexandru Cupaciu.
16 / Acrophobie Externaliser pour se réassocier et retrouver le souffle Anne Malraux
26 / Hypnose de spectacle et hypnose clinique. Deux visages, deux finalités, une double vigilance éthique Fabrice Lakdja et Gérard Ostermann
32 / Quel est le premier souvenir qui vient ? Dissoudre une problématique figée en s’appuyant sur un souvenir source Michel Lamarlère
44 / Du divan au fauteuil Sortir de la répétition des schémas relationnels antérieurs Sylvie Le Pelletier-Beaufond
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
50 / Introduction Gérard Ostermann
54 / Encoprésie et Caca farceur Dessine-moi ton problème Corinne Paillette
62 / L’anéjaculation Quand la panne sex-prime Karine Ficini
73 / Boules de couleur en chirurgie dentaire « Elle courait dans sa tête » Thierry Hueber
84 / DOSSIER DÉPRESSION
86 / Défaut et faute : Les agents doubles de la dépression Wilfrid Martineau
96 / Dépression et renoncement Mouvement de bascule et choix Alain Vallée
QUIPROQUO
104 / Renoncement S. Colombo, Muhuc
BONJOUR ET APRÈS...
108 / Denise, Son sommeil abîmé et ses cauchemars Sophie Cohen
LES CHAMPS DU POSSIBLE
112 / L’écho silencieux : Quand le corps du thérapeute devient miroir du traumatisme Adrian Chaboche
CULTURE MONDE
116 / La naissance à l’envers. Restaurer les potentiels d’auto-guérison Sylvie Le Pelletier- Beaufond
LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
124 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Gabrielle Grimaldi
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°79…
8 / Éditorial : Le partage de l’imaginaire pour faire émerger des ressources Julien Betbèze
10 / En couverture : Gabrielle Grimaldi Pics et dentelles d’aquarelle Sophie Cohen
12 / Hypnose et imagination créatrice Une poétique de l’action Alexandru Cupaciu.
16 / Acrophobie Externaliser pour se réassocier et retrouver le souffle Anne Malraux
26 / Hypnose de spectacle et hypnose clinique. Deux visages, deux finalités, une double vigilance éthique Fabrice Lakdja et Gérard Ostermann
32 / Quel est le premier souvenir qui vient ? Dissoudre une problématique figée en s’appuyant sur un souvenir source Michel Lamarlère
44 / Du divan au fauteuil Sortir de la répétition des schémas relationnels antérieurs Sylvie Le Pelletier-Beaufond
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
50 / Introduction Gérard Ostermann
54 / Encoprésie et Caca farceur Dessine-moi ton problème Corinne Paillette
62 / L’anéjaculation Quand la panne sex-prime Karine Ficini
73 / Boules de couleur en chirurgie dentaire « Elle courait dans sa tête » Thierry Hueber
84 / DOSSIER DÉPRESSION
86 / Défaut et faute : Les agents doubles de la dépression Wilfrid Martineau
96 / Dépression et renoncement Mouvement de bascule et choix Alain Vallée
QUIPROQUO
104 / Renoncement S. Colombo, Muhuc
BONJOUR ET APRÈS...
108 / Denise, Son sommeil abîmé et ses cauchemars Sophie Cohen
LES CHAMPS DU POSSIBLE
112 / L’écho silencieux : Quand le corps du thérapeute devient miroir du traumatisme Adrian Chaboche
CULTURE MONDE
116 / La naissance à l’envers. Restaurer les potentiels d’auto-guérison Sylvie Le Pelletier- Beaufond
LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
124 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Gabrielle Grimaldi







