Collège d'Hypnose de Paris: une Formation Ericksonienne
Formation Hypnose à Paris
Formation au Collège d'Hypnose & Thérapies Intégratives de Paris: Thérapies Brèves, EMDR-IMO, Hypnose Ericksonienne

Hypnoscope Septembre 2015 - Actualités Therapeutiques



Le Collège d'Hypnose & Thérapies Intégratives de Paris et l'Institut UTHyL étaient présents au Congrès Mondial d'Hypnose qui s'est tenu fin août au Palais des Congrès.
L'occasion de rencontrer les "grands noms" de l'hypnose. Et aussi de présenter le tout nouveau livre du Dr Philippe Aïm "Écouter, parler : soigner - Guide de communication et de psychothérapie à l'usage des soignants" aux Editions Estem. 

Les secrets de l'hypnose médicale - Le Figaro Santé

L'hypnosédation, ou contrôle de la douleur par hypnose, est désormais largement présente dans les hôpitaux.

Évoquer l'hypnose, c'est répandre aussitôt un sulfureux parfum de mystère et de magie dans l'atmosphère. Sauf peut-être dans l'univers aseptisé de l'hôpital, où l'hypnose médicale s'est désormais largement diffusée. «Surtout en France, pays le plus converti avec la Belgique et la Suisse», précise au Figaro le Pr Marie-Élisabeth Faymonville, médecin anesthésiste (CHU de Liège, Belgique). Utilisée contre des douleurs ponctuelles ou chroniques (persistantes), le stress d'un geste médical, les troubles fonctionnels intestinaux (colopathie fonctionnelle) ou pour améliorer la tolérance d'une chimiothérapie, le champ de l'hypnose est vaste.

Plus qu'une technique, une relation

Un quart de siècle s'est écoulé depuis que le Pr Faymonville a proposé l'hypnosédation à l'hôpital, autrement dit l'utilisation de l'hypnose contre la douleur. «Il a fallu attendre que des études de neuro-imagerie cérébrale prouvent, dans les années 1970, que l'hypnose produisait bien un effet sur le cerveau pour qu'elle soit acceptée par le monde scientifique», précise-t-elle. «Mais les neurosciences peuvent-elles vraiment objectiver un vécu subjectif?», s'interroge-t-elle aujourd'hui. Car au-delà de l'anatomie du cerveau, c'est bien du vécu du patient qu'il est question. Dans la douleur, où la part subjective et émotionnelle est tellement importante, faut-il s'étonner de l'intérêt potentiel d'une méthode qui vise spécifiquement à la moduler? «L'hypnose n'est pas juste une technique, c'est une relation», insiste le Dr Tatjana Hilker, anesthésiste-réanimateur (hôpital Necker, Paris)

En apaisant l'état émotionnel d'une personne souffrante, l'hypnose modifie donc la perception de la douleur. «L'hypnose n'est pas un remède universel, mais c'est un outil important et efficace dans les mains de l'anesthésiste», témoigne le Dr Hilker. Même s'il n'y a pas 100 % de réussite. Le Pr Faymonville explique avoir mené environ 8 000 opérations sous hypnosédation au cours de sa carrière et avoir dû convertir en anesthésie générale moins d'une vingtaine de fois.

Selon le Dr Hilker, «il ne faut pas trop vite parler d'échec lorsque l'on a recours à des analgésiques ou une sédation en cours d'intervention, car l'essentiel est de réduire les expériences négatives et soulager le patient sur le plan émotionnel». Transformer un événement déplaisant en un soin facilement acceptable, l'ambition n'est pas mince.

«L'hypnose est essentiellement complémentaire, mais elle peut parfois être exclusive», note le Dr Jacqueline Payre, médecin anesthésiste-réanimateur qui officie depuis sept ans dans le service des grands brûlés de l'hôpital Saint-Joseph - Saint-Luc à Lyon.

Un voyage imaginaire

Mais en pratique, comment faire? «L'hypnose, c'est être physiquement à un endroit mais pouvoir être ailleurs par l'imagination», explique simplement le Dr Claude Virot, psychiatre et président du 20e congrès mondial d'hypnose, qui vient de se tenir à Paris (du 27 au 29 août 2015). «Une partie de la conscience est reliée au réel, ici et maintenant, mais une autre partie n'a pas de limites, que ce soit dans l'espace ou dans le temps.» C'est sur cette capacité de notre cerveau, si développée chez les enfants, que s'appuie l'hypnose pour entraîner le patient dans un voyage imaginaire.

La puissance des images formées dans notre esprit suffirait à modifier notre activité cérébrale en nous plongeant dans ce que les hypnothérapeutes appellent, faute de mieux, un «état de conscience modifiée». «“Image”, c'est l'anagramme de “magie”, s'amuse le Dr Gérard Ostermann, médecin et psychothérapeute. Mais on a besoin des mots pour construire des images», ajoute-t-il. Ces mots, ce sont ceux que glisse le Dr  Payre à l'oreille de ce petit garçon dont les jambes et les pieds brûlés sont à vif, pendant qu'une infirmière change les pansements. L'enfant est détendu, comme indifférent à ce qui se passe au niveau de la partie inférieure de son corps. Dans ce service de haute technicité, l'hypnose vient opportunément réintroduire l'humain au cœur du soin. Elle y est utilisée pour lutter contre l'anxiété, la peur du soin douloureux, les démangeaisons très importantes qui accompagnent la cicatrisation, l'incertitude du lendemain, notamment face à l'éventualité d'une autogreffe. «Les enfants, qui sont dans la toute-puissance, pensent souvent qu'ils vont guérir sans avoir besoin de greffe. Aussi vivent-ils difficilement cette étape lorsqu'elle est nécessaire après une dizaine de jours», explique le Dr Payre.

Plus surprenant, l'hypnose est aussi employée pour la rééducation. Ne soyez pas surpris si vous voyez dans une chambre du service des grands brûlés de Lyon un enfant et un soignant parler avec la main meurtrie du premier: «Ce sont des doigts parleurs, des doigts danseurs… Si on ne s'occupe pas de cette main, elle sera invalide, si on lui parle avec l'enfant, elle va récupérer», explique le Dr Payre. Un peu magique quand même?


L’hypnose permet de réduire la consommation de médicaments antalgiques et de sédatifs - Le Monde

Loin de l’image souvent fantaisiste véhiculée dans le grand public, l’hypnose suscite de plus en plus d’intérêt chez les patients et les professionnels de santé, au point de faire son apparition dans les maternités, les hôpitaux, en service anesthésie, pour traiter les douleurs chroniques et les dépressions… Efficace ou inutile ? Les chercheurs de lnstitut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont évalué l’efficacité de cette pratique et présentent leurs conclusions dans un rapport remis à la Direction générale de la santé et rendu public mardi 8 septembre.

Rédigé sous la direction du professeur Bruno Falissard, psychiatre et directeur de l’unité santé mentale et santé publique de l’Inserm, le document établit que l’hypnose présente bien un intérêt thérapeutique lors d’anesthésie, dans des cas aussi variés que l’extraction de dents de sagesse ou la biopsie mammaire…

« Amplifier les ressources internes du patient »

Dérivée du mot grec « hypnos » (« sommeil »), l’hypnose désigne au contraire un état de conscience modifié, différent de l’état de veille ou du sommeil – comme lorsque l’on s’évade, que l’on fait un trajet et que l’on ne s’en souvient pas. Si l’utilisation de l’état hypnotique est très ancienne, l’hypnose s’est développée dans le milieu médical depuis le XVIIIe siècle, et elle est utilisée à différentes visées : antalgique, sédative, psychothérapeutique, etc. Par la parole, le praticien en hypnose induit chez le patient cet état de conscience particulier, « qui peut être utilisé pour amplifier les ressources internes du patient de lutte contre l’anxiété et la douleur et faire disparaître des symptômes », décrit le rapport.

Les chercheurs se sont fondés sur cinquante-deux essais cliniques contrôlés comprenant plus de cent sujets. Concrètement, « les études montrent que l’hypnose permet de réduire la consommation de médicaments antalgiques et de sédatifs » pendant ces interventions de chirurgie, souligne la docteure Juliette Gueguen (Inserm), coauteure de ce rapport de plus de deux cents pages. L’utilisation de l’hypnose en anesthésie réduit aussi la durée des hospitalisations, explique le docteur Marc Galy, anesthésiste à l’hôpital Saint-Joseph à Paris.

Si le rapport de l’Inserm montre aussi le bénéfice de l’hypnose dans le cadre de la prise en charge du côlon irritable, il pointe cependant que les données actuelles sont « insuffisantes, voire décevantes », concernant le sevrage tabagique, de même qu’elles ne montrent pas de réduction du recours à la péridurale lors de l’accouchement.

Les auteurs du rapport soulignent toutefois la difficulté de mesurer l’effet de l’hypnose dans la pratique clinique, comme on le ferait pour un médicament. « Les études visant à évaluer l’effet clinique de l’hypnose obligent à repenser les standards méthodologiques classiques. L’évolution est aussi qualitative et repose sur la mesure du bien-être du patient », tempère le professeur Falissard, qui appelle à plus d’études sur le sujet.
Pascale Santi


Hypnoscope Septembre 2015 - Actualités Therapeutiques

Médecines alternatives : l'hypnose se généralise à l’hôpital - Sud Ouest

Le CHU de Bordeaux utilise l’hypnose médicale en pédiatrie, en gériatrie et au bloc opératoire. Une pratique très codifiée

A l'hôpital des enfants de Bordeaux, pendant une perfusion, une ponction lombaire ou une prise de sang, le médecin raconte une histoire. Au même CHU, au bloc opératoire, le patient installé sur la table peut être en connexion avec l'anesthésiste et se souvenir de ses dernières vacances à la mer. François Sztark ne rêve pas. Anesthésiste-réanimateur, il est le chef du pôle d'anesthésie du CHU de Bordeaux et… hypnotiseur.

Ou plutôt hypnothérapeute. Car, évidemment, ce qu'il fait n'a rien à voir avec les célèbres fascinateurs qui faisaient dormir des salles de spectacle entières. Ici, on n'est pas au music-hall.

L'hypnose médicale répond à des critères très codifiés. Elle s'apprend à la faculté, puisque l'Université de Bordeaux fut pionnière en étant à l'initiative de l'un des premiers diplômes universitaires d'hypnose en France, dans les années 1990. Le docteur Fabrice Lakdja, anesthésiste à l'hôpital Bergonié, et François Sztark en ont été à l'origine. Si, au début, la pratique était confidentielle, parfois mal vue, elle se démocratise désormais, comme toutes les thérapies de substitution, trouvant même sa place au sein de l'hôpital public.

Un état naturel, peu connu

« Au CHU, 120 professionnels de santé, médecins, infirmiers et psychologues, sont formés à l'hypnose, remarque le docteur Sztark. Qu'est-ce que l'hypnose médicale ? Une thérapie qui vient en soutien, permet de pratiquer certains gestes soignants, douloureux, en assurant le confort du patient. Il s'agit d'un état physiologique. L'homme se met naturellement en autohypnose, mais il ne le sait pas. Par exemple, lorsqu'il conduit durant un long trajet ; il s'agit d'un état intermédiaire que l'on appelle “état modifié de conscience”. Cet état a le mérite de faire percevoir la douleur différemment. » Au CHU de Bordeaux, la pratique de l'hypnose se généralise. Elle a d'abord été utilisée en pédiatrie. « Les enfants sont très réceptifs à l'hypnose, ils se mettent en état d'hypnose très facilement et naturellement. Observez-les lorsqu'ils regardent un film, lorsqu'ils jouent et qu'ils sont concentrés. Cette concentration maximale leur permet de lâcher. La pédiatrie à Bordeaux a été l'un des premiers services à pratiquer l'hypnose, pour adoucir les gestes médicaux douloureux. Il suffit parfois de lire un conte, de détourner l'attention de l'enfant. »

Évidemment, on ne réussit pas une séance d'hypnose juste en lisant « Les Trois Petits Cochons », cela nécessite un savoir-faire et une préparation préalable.

Au bloc opératoire aussi

Idem pour les patients qui ont recours à l'hypnose en salle d'opération. « Le patient est partie prenante, il y a des consultations préparatoires à l'hypnoanalgésie. Le fait est que l'on réduit considérablement les doses de sédatifs durant les interventions, voire que l'on se contente d'une anesthésie locale. Il faut une relation de confiance entre le patient et le médecin anesthésiste et l'infirmier, sachant que la contrainte est la présence en continu durant toute l'intervention. »

La maternité a commencé à mettre en place cette pratique lors des accouchements au CHU.

Mais c'est surtout la gériatrie qui l'utilise. Le docteur Marie Floccia, gériatre, a mis en place un groupe de personnel soignant formé qui intervient auprès des personnes âgées, lors de soins douloureux, du traitement de plaies et d'escarres ou pour soigner des troubles du comportement.

« Le centre d'étude et de traitement de la douleur de l'hôpital commence aussi à utiliser l'hypnose médicale. Cette pratique très en vogue nécessite une formation adaptée, attention au charlatanisme, les patients doivent être vigilants. »


Seriez-vous prêt à vous faire opérer sous hypnose ? - Le Nouvel Obs

Le groupe hospitalier Saint-Joseph est un des rares hôpitaux à opérer sous hypnose. "L'Obs" a filmé une opération de la carotide.

Au service de chirurgie vasculaire du Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph, certaines interventions sont pratiquées en combinant une simple anesthésie locale et l'hypnose.

L'opération de la carotide en fait partie. Elle demande en effet un état de conscience du patient pour éviter tout accident vasculaire et neurologique. Par ailleurs, elle est souvent longue, au moins deux heures, et réclame une position très inconfortable pour que le cou du patient soit complètement dégagé.

Alors pour éviter la douleur, l'anesthésiste-hypnothérapeute Marc Galy et le chirurgien Samy Anidjar ont trouvé la solution : l'hypnose. 


Hypnoscope Septembre 2015 - Actualités Therapeutiques

Hypnose et douleur : où en est-on ? - Dossier SFETD du mois

Antoine Bioy

Du statut de « mal nécessaire » permettant de jauger l’avancée d’une pathologie ou de celui de signe clinique nécessaire au processus diagnostic, la douleur est devenue une perception dont la médecine souhaite se passer chaque fois qu’elle le peut. Des structures douleurs se sont alors ouvertes, des comités de lutte contre la douleur (CLUD) se sont créées, des plans gouvernementaux ont permis de faire évoluer les pratiques. Mais après quelques messages hasardeux (type : « la douleur n’est pas une fatalité »), il a bien fallu se rendre à l’évidence : la douleur chronique est cliniquement complexe à prendre en charge, et le salut ne viendra pas des seuls recours médicamenteux. Il a donc fallut développer deux objectifs : d’une part développer la voie non médicamenteuse, et d’autre part de permettre aux soignants de se donner un cadre de pratique qui autorise l’approche de la complexité de « l’humain subjectif qui souffre ». L’hypnose a répondu aux deux aspects. Parce que l’hypnose aiguë est facilement opérationnalisable en laboratoire, des preuves scientifiques claires sont rapidement obtenues pour attester de l’intérêt de la méthode sur les tableaux algiques. Egalement, elle est une thérapie à médiation corporelle, c’est-à-dire qu’elle permet de parler le même langage que le patient, celui du corps qui s’exprime. Cela aussi est un élément d’appréciation positive. Et enfin, il ne faut pas se le cacher, l’hypnose exerce un pouvoir de fascination important qui rend séduisante sa pratique. Où en est-on de sa pratique dans le champ de la douleur ?

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Hypnoscope Septembre 2015 - Actualités Therapeutiques

L'hypnose s'impose dans les hôpitaux : avant ou pendant une opération, elle est bénéfique - Le Nouvel Obs

LE PLUS. L'hypnose médicale est de plus en plus utilisée dans les hôpitaux. Comment cette pratique est-elle devenue acceptable dans le monde médical ? Explications avec le docteur Jean-Marc Benhaiem, directeur du centre d'hypnose médical.

L’hypnose est bel et bien revenue sur le devant de la scène. En plus d’être demandée par les praticiens, les patients y ont de plus en plus recours, notamment à l’hôpital. Avec la faculté de médecine Paris VI Pierre et Marie Curie, nous avons également mis au point un diplôme universitaire (DU) d’hypnose médicale.

Une technique qui revient par cycles

Depuis plusieurs années, l’hypnose a laissé la place à la science, dans les hôpitaux et dans les traitements en général. Aujourd’hui, elle revient parce qu’il est maintenant question de réhumaniser la relation entre les patients et les médecins, alors que la médecine devient de plus en plus technique.

On la trouve, par exemple, au bloc opératoire avec les infirmières, mais également dans d’autres services. On peut pratiquer l’hypnose en psychologie ou même en maternité car les centres de traitements de la douleur se sont élargis.

L’hypnose dans les hôpitaux

Plusieurs formules de pratique de l’hypnose existent dans les hôpitaux, mais elles sont toutes mises en place par un hypnothérapeute formé et qualifié. Cette technique peut être utilisé avant l’opération, en apaisant le patient avant son entrée au bloc comme en amont d’un accouchement (pour se substituer à la péridurale) ou avant un lifting, par exemple.

L’hypnose peut aussi intervenir pendant une opération. Il s’agit alors de rester en communication avec le patient. Le thérapeute lui parle ou lui met de la musique selon les techniques.

C’est donc un traitement à prendre au sérieux car elle permet de traiter la souffrance (les douleurs, les troubles du sommeil, l’angoisse…) ainsi que les maladies psychologique, voire psychiatriques.

Une demande plus élevée des hôpitaux, des spécialistes et des patients

Tout le monde est de plus en plus informé sur l’hypnose médicale, grâce aux médias notamment. Quand les patients sont déçus par les médicaments et qu’ils cherchent un autre moyen de se soulager, ils trouvent des renseignements sur l’hypnose, c’est une augmentation simultanée de l’intérêt, la demande et l’offre.

Les spécialistes sont aussi de plus en plus demandeurs de formations. Il y a 10 ans, nous n’étions qu’environ 80 collègues au Congrès français de l’hypnose. Au mois de mai dernier, nous étions 400 et cette année, pour le 20è Congrès international de l’hypnose, 2 400 spécialistes sont attendus.

Les chiffres sont donc exponentiels mais il faut rester prudents : il y a encore beaucoup de non-professionnels de la santé qui prétendent être formés, ce qui est grave. Il faut absolument vérifier, au préalable, si la personne consultée a bien une formation médicale.
Propos recueillis par Justine De Almeida.


À Pont-Audemer, l’hypnose se pratique à l’hôpital et chez deux hypnothérapeutes - Paris Normandie

Découverte. Cette pratique discrète et méconnue est utilisée quotidiennement à Pont-Audemer, soit par les deux hypnothérapeutes exerçant en ville soit à l’hôpital. Explications.

Popularisée par la télévision avec des shows millimétrés où les spectateurs s’endorment d’un claquement de doigts, l’hypnose a trouvé sa place à Pont-Audemer. Mais sous une forme thérapeutique.

Tout d’abord à l’hôpital de Pont-Audemer. Gérard Baudouin, infirmier anesthésiste, est le seul à y pratiquer l’hypnose. L’établissement lui a payé la formation, des sessions de trois jours revenant régulièrement en 2012 et 2013.

CONVAINCRE LES MÉDECINS

« J’interviens beaucoup aux urgences pour des douleurs aiguës. Mais également dans d’autres services pour les douleurs chroniques. Quand la douleur n’a pas d’explication rationnelle, on essaie de changer sa perception par le patient », explique Gérard Baudouin qui reconnaît que l’hypnose arrive « un peu comme la dernière roue du carrosse ». « De temps en temps, à la demande des patients, on la propose pour des endoscopies ou des coloscopies par exemple. Mais il faut que tout le reste de l’équipe soit d’accord. » S’il estime la part des médecins réticents à l’hypnose comme une minorité, il reste toutefois à les convaincre. « On ne sait pas présager du résultat d’où une certaine résistance du milieu médical qui voudrait savoir le pourquoi du comment. Les démonstrations que l’on voit à la télévision font du tort également. Les gens ont l’impression que l’on va prendre entièrement le contrôle d’eux. »

ARRÊTER DE FUMER EN UNE SÉANCE

Quand elle est bien faite : « Ça n’apporte qu’un plus, ça ne coûte rien à part la formation et il n’y a pas d’effet indésirable. »

Fumeur depuis l’âge de 13 ans, Franck Leboulanger a consulté l’an dernier l’hypnothérapeute et sophrologue Laurette Perrotte, installée dans le quartier de la Ferme des places à Pont-Audemer. L’habitant de Lisieux s’y est rendu « pour arrêter de fumer. Ma fille voulait que j’arrête et c’est ma mère qui a pris rendez-vous sans me demander. » Question motivation, la séance ne se présentait pas sous les meilleurs augures. Dans ces cas-là, les motifs que peuvent être l’argent ou la santé ne suffisent pas.« J’y allais sans trop y croire. » Mais à 49 ans, ce 4 août 2014, Franck Leboulanger est resté ouvert sur le sujet, prêt à tenter l’expérience. D’autant qu’il avait déjà su faire preuve de motivation pendant trois ans, période au cours de laquelle il n’a pas touché une cigarette. Après avoir discuté pendant une heure pour établir une relation de confiance et mieux connaître la personne, « on ferme les yeux, on se détend et c’est elle qui parle. » Grâce à des protocoles propres à chaque client, jouant sur les cinq sens, l’hypnothérapeute cherche à « avoir accès à l’inconscient. Toutes les ressources sont en la personne », explique Laurette Perrotte.

Depuis ce rendez-vous, Franck Leboulanger n’a jamais refumé. « Les premiers jours après les repas, j’avais une grosse envie de tabac mais passé ça, je trouve que cela a été rudement facile. » « 90 % des personnes qui viennent me voir pour le tabac réussissent à arrêter en une séance de deux heures », assure l’hypnothérapeute dont l’agenda affiche complet jusqu’à mi-janvier.

La sœur de Franck Leboulanger l’a également consultée pour un deuil difficile, qui aura duré sept ans. Après la séance, « elle pleurait du matin au soir pendant deux semaines. Ensuite, ça a été mieux. C’est hyperpositif pour nous.

C. H.

Comme dans tous les métiers, en particulier ceux non reconnus et n’obligeant donc pas à suivre des formations, tous les professionnels ne se valent pas. « Il faut faire très attention, alerte Isabelle Loiseau, psychologue, hypnothérapeute et sophrologue, à Pont-Audemer. Des gens viennent parfois pour savoir s’ils n’ont pas été abusés dans leur enfance. Attention à ne pas donner des souvenirs induits. Quand on cherche quelque chose, on finit par le trouver même quand cela n’a jamais existé. Il faut agir avec énormément de précaution. »

Ces précautions passent notamment par une collaboration avec un médecin ou un spécialiste. Laurette Perrotte demande systématiquement pour les addictions à l’alcool ou au cannabis, à ce que « le patient ait vu un médecin avant ».

Mis à part la cigarette, les problèmes d’alcool, de surpoids et autres angoisses nécessitent « un suivi médical et psychologique », estime Isabelle Loiseau. Elle-même se sert de l’hypnose comme « un outil. Ça reste de l’accompagnement. On n’a pas de baguette magique. »


Congrès sur l'hypnose : la médecine conquise par ses bienfaits - Pourquoi Docteur ?

Loin des clichés habituels, l’hypnose est de plus en plus utilisée par les médecins. Elle permet notamment de gérer la douleur et de compléter les bénéfices de certains médicaments.

L’hypnose entre en congrès. Loin d’une imagerie parfois fantaisiste, voire ésotérique, elle peut apporter de réels bénéfices dans le monde de la santé. A l’occasion du congrès de la Confédération francophone de l’hypnose et des thérapies brèves, et de la Société internationale pour l’hypnose, qui s’ouvre ce 27 août à Paris, Pourquoidocteur fait le point sur une discipline que l’Académie nationale de médecine apparente à « une technique de psychothérapie ».

Une faculté naturelle

Le congrès « Hypnose : racines et futur de la Conscience » se targue d’attirer Porte Maillot (Paris) pas moins de 2 300 conférenciers. Il faut dire que cette technique est de plus en plus sollicitée en médecine. En 2013, l’Académie nationale de médecine lui consacre même plusieurs pages dans son rapport consacré aux thérapies complémentaires. « Elle est de plus en plus largement utilisée », soulignent les Académiciens.

L’hypnose, « c’est d’abord une approche relationnelle qui permet au sujet de puiser en lui ses propres ressources pour gérer l’inconfort douloureux ou psychologique, à côté de tout ce qui est médicamenteux. » Cette définition, c’est le psychiatre toulousain Léonard Amétépé, contacté par Pourquoidocteur, qui l’apporte. Ce spécialiste aime à comparer l’hypnose au fait de décrocher lors d’une réunion. « Lors d’une séance d’hypnose, ce décrochage est guidé par un thérapeute. Il permet au patient de se placer dans ce moment de flottement durant lequel on peut réaménager sa façon de se sentir, de se voir, de se comporter. »

Réduire les doses de médicaments

Les domaines d’application sont pour le moins larges : les essais référencés sur la base de données PubMed vont de la dépression à la gestion de la douleur – y compris dans la fibromyalgie – à des troubles tels que la colite ulcéreuse, le syndrome du colon irritable ou la schizophrénie.

Une apparente diversité qui recèle des points communs, comme le remarque l’Académie de médecine : « Sous la diversité des étiquettes diagnostiques, le but du traitement est toujours la maîtrise de symptômes fonctionnels (…) ou de troubles d’organicité interne. » Dans la pratique, la principale utilisation de l’hypnose reste la gestion de la douleur, « parce que beaucoup d’études ont été réalisées à ce sujet », précise Léonard Amétépé. Elle permet notamment de réduire la consommation de médicaments.

L’hypnose s’avère utile en complément de la médecine conventionnelle. Ce psychiatre s’en sert notamment pour aider les patients schizophrènes, stabilisés grâce aux médicaments, à améliorer leur comportement social. « De plus en plus de centres l’utilisent en anesthésie lors d’opération », ajoute le Dr Amétépé.

C’est notamment le cas à l’Institut Curie (Paris). « On sait aussi que beaucoup de gens sont traumatisés par le dentiste, sourit le psychiatre. Un accompagnement par l’hypnose facilite les soins, pour le médecin comme pour le patient. »
Audrey Vaugrente


Rédigé le Vendredi 18 Septembre 2015 à 15:06 | Lu 515 fois modifié le Vendredi 18 Septembre 2015

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