Collège d'Hypnose de Paris: une Formation Ericksonienne

Hypnoscope Juin 2015 - Actualités Therapeutiques



Hypnoscope Juin 2015 - Actualités Therapeutiques

22 ans de pratique en algologie : un bilan - France douleurs

C’est en 1993, dès la fin de mon clinicat, que j’ai commencé à travailler en algologie.

Psychiatre intéressé par la complexité du fonctionnement corporel, j’ai immédiatement posé ma candidature lorsque j’ai appris que Maurice Bensignor cherchait quelqu’un pour développer la dimension pluridisciplinaire de son UETD nantaise.

Je vais brièvement présenter ici quelles ont été les différentes étapes du travail qui s’est construit pendant 18 années passées dans cette UETD et prolongées depuis 2011 par ma pratique au sein du Centre Interdisciplinaire de Thérapie Intégrative (CITI) situé à Rezé.

Construire un vocabulaire commun

Le premier temps fut, pour des praticiens venant d’horizons différents (un anesthésiste militaire retraité entamant une « deuxième carrière », un anesthésiste pionnier de l’algologie tout en continuant à pratiquer de temps en temps des vacations d’anesthésie, un médecin généraliste vacataire, un kinésithérapeute, une sophrologue, une infirmière (et quelquefois une aide-soignante) et enfin moi, psychiatre), de convenir d’un certain nombre de mots communs afin de pouvoir échanger lors des staffs hebdomadaires.

En ce début des années 90, la vision psychosomatique classique héritée de la psychanalyse était encore dominante, d’autant qu’une psychiatre psychanalyste venait régulièrement superviser l’équipe.

Mais peu à peu nous nous affranchîmes de concepts dont beaucoup nous paraissaient en désuétude, pour utiliser des mots simples, du quotidien, et nous en tenir à ce que nous observions, y compris nos propres impressions éprouvées au contact des patients.

Chacun sa place

Par ce travail de communication, les places de chaque intervenant se précisèrent peu à peu au sein du fonctionnement de l’équipe.
Pas seulement en raison des personnalités de chacun, des rôles se précisèrent, notamment lors du staff.
Le premier temps de la réunion consistait en l’expression des éprouvés des participants, à commencer par celui des algologues.

Notamment celle des difficultés ressenties à propos de certains patients dont le traitement n’évoluait pas favorablement.

Mon rôle de psychiatre était de favoriser, d’encourager cette expression, y compris si elle était faite en des termes un peu (voire quelquefois très) crus.

En effet, les praticiens accumulaient leurs émotions et réflexions, et cette première partie de staff a vite été considérée comme essentielle.

Que les algologues puissent s’autoriser cette liberté de ton, c’est-à-dire pouvoir avoir des pensées apparemment illogiques et les partager aux collègues semblait répondre à un besoin primordial qui favorisait le travail de réflexion sur les patients difficiles qui constituait bien sûr le deuxième temps du staff.

Je compris peu à peu que les médecins de la douleur, comme de nombreux médecins d’ailleurs, vivent dans une sorte d’isolement et gardent beaucoup en eux leur vécu professionnel.

Complimenter

Après avoir mis en place ce travail sur l’expression des émotions et des ressentis, il fut important et évident qu’il fallait aussi progresser en mettant l’accent sur le positif afin d’éviter une certaine dépressivité aux praticiens.

Tout comme de nombreux patients, les soignants sont souvent perfectionnistes et se dévalorisent quand ils n’atteignent pas l’objectif qu’ils se sont fixés.

Devant cette déception, le travail du psychiatre fut d’essayer de trouver le positif, à la fois concernant le résultat thérapeutique (quand positif il pouvait y avoir : c’est ce qu’on appelle maintenant l’ « orientation solution »), de valoriser le travail du soignant (notamment en rapport avec les valeurs de celui-ci, telles que la générosité, le dévouement, etc.).

Faire accepter aux soignants de tels « compliments » se révéla être une tâche centrale de l‘intervenant psy en équipe douleur, notamment en terme de prévention du burn out.

C’est aussi une fonction pédagogique afin que tous les soignants puissent entre eux se complimenter et ainsi se soutenir dans un métier très difficile du fait de la confrontation constante à la plainte et fréquente à l’échec.

Analyser l’échec

Passé ce temps d’introduction de la pratique du compliment, il parut ensuite nécessaire, notamment dans les cas les plus difficiles, d’approfondir la réflexion sur les pratiques des soignants. 80% des échecs sont à mon avis dus à des « excès de vitesse ».

Le plus souvent, c’est quand le soignant va trop vite qu’il fait des erreurs, alors que ses intuitions sont le plus souvent bonnes. Il y a plusieurs types d’ « excès de vitesse ».

Pas de vraie demande

Le premier type d’échec consiste à croire qu’il y a une demande de changement chez le patient lorsqu’il n’y en a pas vraiment une.

La douleur chronique est par définition une condition qui dure, et le patient arrive quand même souvent à atteindre, le plus souvent avec beaucoup de courage et avec l’aide de son entourage, une sorte d’état d’équilibre qui ne mérite pas le nom de bonheur mais qui assez précieux pour lui.

Bien sûr, répétons-le, on est loin d’une vie idéale, mais le patient a fini par acquérir un certain nombre de repères qui fonctionnent, à défaut d’une guérison (c’est-à-dire redevenir comme avant) qui s’est révélée impossible à obtenir.

Ces hospitalisations sont alors souvent à l’initiative de l’entourage (qui croient qu’un mieux est possible), conjoint, famille, amis, ou du médecin traitant qui « s’use » en multipliant des interventions dévouées mais inefficaces.

Demandes impossibles

D’autre part certaines demandes, surtout au début du parcours thérapeutique du patient, sont des demandes d’intervention « magique » où il y aurait à faire redevenir passivement, par exemple en lui donnant un traitement miraculeux, le patient « comme avant », ainsi qu’il le demande, voire quelquefois qu’il l’exige (cas fréquent quand il été victime d’un accident ou d’une injustice).

Travailler dans de telle condition est bien sûr voué à l’échec, mais il n’est pas toujours suffisant pour le soignant de le savoir pour arrêter ses comportements inefficaces.

Ni même pour arrêter – même si tout le monde sait que cela ne sert à rien de considérer le patient qui ne va pas mieux comme un « mauvais patient ».

Voire, pire, de qualifier le patient de résistant ou d’intraitable !

Et pourtant il n’est pas difficile, dès lors qu’on a réalisé qu’on s’est s’est trompé1, de reprendre l’analyse de la demande (« Qui demande quoi ? ») afin d’examiner le travail qui peut être réellement envisageable. 

Pas suffisamment d’alliance

Le troisième type de cause d’excès de vitesse consiste pour le soignant à croire à tort qu’il a une alliance thérapeutique avec son patient.

Ce n’est que récemment que l’importance de la création (et de l’entretien) d’une alliance entre le soignant et son patient a enfin suscité l’intérêt qu’elle mérite.

L’accueil initial du patient et des ressentis, points de vue, émotions croyances, est fondamental.

En absence de cet accueil, la relation de confiance peut ne pas se faire.

La posture du soignant doit par ailleurs être en accord avec l’étendue des capacités dont il peut se prévaloir.

Les anesthésistes devenus algologues ont pu (surtout dans leur activité de réanimateur) être habitué à une position haute de puissance thérapeutique et n’ont pas suffisamment appris à assumer ni donc à représenter dans leur attitude- les limites de la médecine.

Or, souvent, le patient douloureux chronique a de la déception vis-à-vis de ce que la médecine peut lui apporter, de la colère ou même de l’angoisse par rapport à ce que certain soignants lui ont dit (« C’est dans votre tête »).

De la colère, souvent aussi lorsqu’il a été victime (accident de la voie publique, violences dans l’enfance, dans le couple ou au travail, erreur chirurgicale, etc.).

Ou des comportements irritables voire agressifs masquant difficilement de la peur (Que vais-je devenir ?), de la tristesse (« Je ne pourrais plus danser, faire l’amour, jouer avec mes enfants »).

Parfois aussi c’est d’immaturité dont il s’agit et qui va gêner les capacités d’adaptation.

Construire une alliance thérapeutique nécessite alors d’accueillir les comportements, discours, émotions du patients, au moins jusqu’à un certain point, afin que le patient se sente compris et puisse alors commencer son travail thérapeutique.

Chaque soignant a bien sûr ses propres limites mais, s’il a reçu une formation de qualité, peut mettre en œuvre son empathie de manière protégée et en adoptant ce qu’on appelle en communication une position « basse », emprunte de modestie et de prudence quant aux objectifs thérapeutiques convenus avec le patient.

En conclusion

J’ai tellement appris au contact des algologues et à celui de leurs patients !

Les premiers sont généralement très impliqués dans leur travail. Parfois trop peut-être.

On a pu dire que certains ne supportaient pas la douleur et qu’il faut parfois aider les patients à mieux vivre avec leur douleur. Mais tout au long de ces années je les ai vus s’ouvrir et se former à ces attitudes nouvelles et différentes, généralement en se formant à l’hypnose thérapeutique, largement répandues dans l’algologie actuelle.

Et les patients sont, même s’il y a encore beaucoup de progrès à faire, bien mieux soignés qu’il y a 20 ans.

Notamment parce qu’on prend plus notre temps en allant… plus lentement !

Thierry Servillat
Psychiatre - Psychothérapeute
(c) France Douleurs Mai 2015


Hypnoscope Juin 2015 - Actualités Therapeutiques

Anxieux, bègues, phobiques... L'hypnose peut vous soigner - Le Nouvel Obs

Avant, elle butait sur tous les mots. La parole fluide, c’était pour les autres, pour elle, c’était motus et bouche cousue. A Pourtant Anna, 24 ans, bègue et étudiante en fac d’anglais, s’est entêtée à vouloir passer le Capes, soit deux épreuves écrites... et cinq oraux. "L’enfer en perspective, raconte-t-elle aujourd'hui. Six mois avant l’examen, j’étais terrorisée, chaque fois que je passais un oral blanc je ne tenais pas plus de deux minutes alors que ces épreuves durent vingt minutes chacune."

Anna avait déjà tout essayé : la psychothérapie, des séances d’acupuncture, les antidépresseurs et les régulateurs d’humeur... pour zéro résultat. Jusqu’au jour où elle voit sur un forum internet que l’hypnose est "parfois" une option thérapeutique contre le bégaiement.

J’ai posté un message désespéré et j’ai reçu la réponse d’un hypnothérapeute qui proposait de m’aider... pour 5 à 10 euros la séance, vu que j’étais étudiante et sans revenus."

Elle se souvient de sa première "transe" – "Je n’étais pas endormie mais totalement engourdie, une expérience merveilleuse" –, des paroles du thérapeute sur ses peurs, ses difficultés à les exprimer, de la figure marquante de ce père inquiétant. Mais surtout, elle se rappelle les métaphores de lieux dans lesquelles elle s’est abandonnée : le ciel, le désert, une bulle de sérénité, là où la crainte de bafouiller n’existait plus.

Six mois plus tard et à raison d’une séance toutes les deux ou trois semaines, Anna a passé les oraux du Capes d’anglais sans bégayer ou presque. C’était l’an dernier :

Mon débit verbal n’était pas complètement fluide, mais normal à 80%. Aujourd’hui je ne bégaie jamais devant mes élèves, parfois un peu devant leurs parents, ils peuvent m'impressionner."

Pendant cette conversation avec "l’Obs", Anna a parlé sans accroc, tout juste a-t-elle repris son souffle une ou deux fois. On aurait envie d'y croire... mais l’hypnose n’est pas de la magie. D’ailleurs, cette jeune prof a le sentiment d’avoir bataillé pour torpiller ce bégaiement qui la rendait muette.

Une seule certitude en revanche : si la transe hypnotique ne marche pas à tous les coups, ses résultats peuvent être bluffants. Tellement concluants parfois que tout le monde en parle. Après le yoga et la méditation, l’hypnose est devenue l’indication thérapeutique bien-être par excellence, le nouveau sujet de conversation des adultes en quête de thérapies alternatives. Les professionnels constatent "un véritable engouement pour la transe hypnotique". Patrick Bellet, président de la Confédération francophone d’hypnose et thérapies brèves (CFHTB), explique :

Elle a déjà fait ses preuves en médecine hospitalière ces dernières années – en accompagnement de l'anesthésie, pour diminuer l'anxiété préopératoire, ou dans le cadre de traitements antidouleur –, elle est aujourd’hui recommandée en psychothérapie pour lutter contre les phobies, les TOC, les addictions (tabac, nourriture), certaines formes d’anxiété et de stress."

Séance d'hypnose en live

L’hypnothérapeute serait-il le nouveau psy de ce siècle débutant ? "Au lieu d’en prendre pour des mois de consultations comme avec les psys en général, en hypnose on essaie de résoudre les problèmes en quelques séances", plaisante Jeanne, 45 ans, infirmière en formation d’hypnothérapie, qui consulte elle-même pour des crises d’hyperphagie compulsive.

Quand je suis sous pression, c’est-à-dire plusieurs fois par jour, je peux m’empiffrer de barres chocolatées. Depuis ma troisième séance, je me sens plus calme, je baffre moins, j’ai confiance."

Un samedi du mois de mars, dans le grand amphi de la faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie à Paris, Jeanne assiste en praticienne avec une centaine d’autres professionnels de santé (psychologues, psychiatres, médecins généralistes, urgentistes, sages-femmes) à une session de formation dans le cadre du diplôme universitaire d’hypnothérapie médicale dirigée par le Dr Jean-Marc Benhaiem, auteur d'un "Guide de l'hypnose".

Au programme ce jour-là : une séance d’hypnose en live et une discussion autour de cas cliniques présentés par les étudiants... Mais surtout, le cours a lieu en présence de François Roustang, 92 ans, LE maître français de l’hypnose, dont les sorties publiques sont devenues rarissimes. D’entrée de jeu, le philosophe et ex-psychanalyste annonce la couleur concernant sa pratique de l’hypnose éricksonienne :

Vous devez créer l’alliance thérapeutique avec le patient, sans enjeu, sans intention de réussir. L’essence même de l’hypnose est là, dans ce moment suspendu à deux où on n’est plus attentif à rien mais attentif à tout. Freud parlait 'd’attention également suspendue'."

Apprivoiser les souffrances du patient

Enigmatique, Roustang parle à la manière d’un vieux sorcier indien. De cette parole tantrique on comprendra qu’il n’est pas question pour le thérapeute de prendre le pouvoir sur le patient, mais au contraire de s’embarquer avec lui. Vers quoi ? Jean-Marc Benhaiem explique :

L’hypnose, c’est surtout une technique. Et beaucoup de pratique. Une séance commence par une induction, autrement dit par la mise en relaxation du patient, ce qui va lui permettre d’entrer en transe, en état de conscience modifié, ce moment où l’inconscient est plus accessible."

Là, par des métaphores, des mots sécurisants, le thérapeute va tenter d’apprivoiser les souffrances psychiques et les dépendances du patient. De les contourner et les reconfigurer.

Thierry, 48 ans, deux paquets de cigarettes par jour, a arrêté de fumer sous hypnose. Il se souvient de la fois où l’hypnothérapeute l’a amené, lors d’une séance, à la campagne, au bord d’une rivière dans la Drôme, il respirait à pleins poumons.

C’était dément, j’étais totalement ensuqué, les yeux clos, j’entendais la voix du thérapeute, je la suivais, je marchais au bord de cette rivière et j’avais ce sentiment physique de respirer de l’air frais, pour la première fois je respirais autre chose que la fumée de ma clope, comme s’il y avait une autre voie (respiratoire) possible."

Le chemin de l'incertitude

Entrer en transe consiste souvent à "fixer un point", "fermer les yeux" et se "laisser aller profondément". Mais pas toujours. La transe peut être plus légère, conversationnelle, le patient peut alors parler, bouger. Pleurer. "Parfois même il chante", raconte un psychologue qui a soigné un chanteur lyrique professionnel souffrant de maux de tête inexpliqués.

Je lui disais que son cerveau se vidait de ses ruminations et de ses migraines et qu’il n’y restait que des notes de musique et il s’est mis à chanter."

Dans l’amphi de la fac de médecine, Marie, 60 ans, est montée sur l’estrade pour sa deuxième séance d’hypnose : elle a accepté qu’elle se déroule en public devant les étudiants. Enfoncée dans son fauteuil, on dirait qu’elle dort, le corps abandonné, la mâchoire détendue, elle semble guidée par la voix lente de l’hypnothérapeute qui lui dit que son corps se libère, qu’il devient comme une coquille vide. 

Depuis cinq ans, cette pédiatre se bat contre des douleurs neuropathiques "insupportables" qui se traduisent pour elle par des démangeaisons nocturnes intenses au niveau des bras et des jambes. "J’ai envisagé l’hypnose comme la dernière option thérapeutique, j'avais épuisé tout le reste", dit-elle. Après une troisième séance de transe, Marie s’est sentie "rassurée et calmée".

"En hypnose, la clé c’est d’oser, commente Jean-Marc Benhaiem. Il faut que le patient et le thérapeute acceptent, comme dans une collaboration ou un partenariat, de prendre ensemble le chemin de l’incertitude." Il n’est pas rare que les patients et leurs soignants ne sachent pas dire précisément ce qui s’est passé pendant une séance. Comme Julia, 50 ans, sous neuroleptiques, traitée pour un TOC : elle s’arrachait les cheveux depuis l’âge de 16 ans au point d'avoir d’énormes trous dans le cuir chevelu. Julia savait que son médecin généraliste suivait une formation en hypnothérapie, elle lui a demandé une séance et il a accepté. Le reste, ni l’un ni l’autre ne s’en souviennent précisément...

Un mois plus tard, Julia est revenue en consultation, elle avait arrêté le médicament et ses cheveux avaient commencé à repousser. "Vous avez libéré une extrême attention pour cette patiente, décrypte François Roustang en s’adressant au médecin. Peut-être que personne ne l’avait fait avant vous..."

Beaucoup d'argent à se faire

Qui sont les nouveaux convertis à l’hypnose ? Selon Patrick Ducoq, le secrétaire général du SNH (Syndicat national des hypnothérapeutes), ceux qui viennent "pour une première approche" veulent se débarrasser d’une difficulté comportementale ou psychologique, "en quelques séances, ils veulent une solution rapide". D’autres ont déjà fait une analyse ou une psychothérapie, et tentent l’hypnose "en espérant que ça ira mieux". "Ce n’est plus un phénomène de foire à la Messmer mais une nouvelle offre psychothérapeutique validée qui fait ses preuves", ajoute Ducoq.

Pas toujours, hélas. Et surtout pas pour tout le monde. Les déçus de l’hypnose sont d’autant plus désappointés qu’ils attendent souvent un petit miracle de la transe. "Je suis un surstressé du boulot, j’ai fait deux séances et je suis toujours aussi proche du burn-out", raconte Maxime, 45 ans, cadre sup dans une entreprise publique. "J’ai consulté pour arrêter de fumer... je n’ai pas décollé de mon paquet", ajoute Camille, 30 ans, photographe.

Les psys (pas tous) doutent aussi de l’efficacité de cette pratique et des thérapies brèves en général. Et l’opposent aux thérapies longues, comme l’analyse ou la psychothérapie, qui seraient seules de nature à soulager des symptômes ancrés. Et puis la pratique reste forcément délicate. Elsa Fayner, journaliste spécialisée corps et santé, auteur d’un ouvrage à paraître sur l'hypnose et la sexologie, insiste :

L’hypnose, c’est d’abord un outil pour les professionnels de santé, formés dans le cadre des diplômes universitaires ou des formations de la CFHTB. En dehors de ça, il faut faire attention, car il y a beaucoup d’argent à se faire dans cette activité où on voit pas mal de thérapeutes autoproclamés."

Sur internet, on trouve de tout en la matière, du plus sérieux au plus douteux. Un "professionnel" promet même de faire gonfler les seins des femmes sous hypnose... Alors, au risque de briser le rêve, on vous le redit avec fermeté, l’hypnose n’a rien de magique. Mais la transe reste bien un mystère et l'"indéfini" qui s’y cache est peutêtre une promesse.
Nathalie Bensahel


On soigne de plus en plus par l'hypnose - La Dépêche.fr

Loin des clichés et des préjugés, l'hypnose médicale, de plus en plus utilisée dans les soins, de manière douce et professionnelle, se revendique comme une thérapie.

Brigitte, Toulousaine de 58 ans, addict aux tagadas, carensacs et autres sucreries, au point d'en ingurgiter jusqu'à 600 grammes, «sans m'en apercevoir, en quelques minutes» a cessé de fréquenter le rayon confiserie. «Il m'a suffi d'une séance d'hypnose», raconte cette patiente au départ «très cartésienne, rétive à l'hypnose», qui a sauté le pas pour vaincre un comportement alimentaire encombrant.

Comme Sabrina, infirmière âgée de 44 ans, originaire de Montauban, qui s'est débarrassée de son agoraphobie (peur des foules), contractée après les attentats de 1991 dans le métro Saint-Michel à Paris, grâce à une séance d'hypnose, en décembre 2014 : «Depuis, j'ai pu enfin prendre le métro et accompagner pour la première fois mon fils à un match de foot. C'est un vrai déblocage, je suis totalement métamorphosée».

«L'hypnose est un phénomène millénaire, développé et appliqué au XVIIIe siècle de manière très autoritaire mais que le psychiatre américain Erickson a utilisé sur lui-même, au XXe siècle, mettant le sujet au centre d'une thérapie apaisée capable d'atténuer voire supprimer la douleur, de traiter des phobies, des troubles du comportement, des dépressions…», indique le Léonard Amétépé, médecin psychiatre à la clinique Aufrery de Balma et coordonnateur du diplôme universitaire d'hypnose médicale de l'Université Paul-Sabatier, qui enseigne l'hypnose à la faculté de médecine de Rangueil.

«L'hypnose n'est pas un sommeil, au contraire, les gens sont hyperconcentrés», explique Maryse Bénézet, psychologue et présidente de l'Imheto (*), institut qui a formé à l'hypnose 244 professionnels de santé, du généraliste à l'anesthésiste, en passant par divers spécialistes, infirmières, kinés et autres chirurgiens-dentistes.

«Chacun est physiologiquement en hypnose toutes les 90 minutes, comme un enfant «dans la lune», note Jean Bergrasser, médecin anesthésiste réanimateur, «cet état de veille du cerveau est visible à l'IRM». Une validation scientifique qui explique le succès récent de l'hypnose, technique en quête de reconnaissance nationale et européenne (Suisse, Belgique et Allemagne remboursent les actes d'hypnose médicale, pas la France).
Philippe Emery

 


Accoucher sous hypnose - Ici Radio Canada

De plus en plus de Québécoises accouchent sous hypnose. Loin de générer les effets loufoques observés dans les spectacles de Messmer, cet état profond de détente permet à certaines de traverser l'accouchement presque sans douleur.

Ce fut le cas de Marie-Mélie Pépin, mère de deux enfants. « Vu que le premier accouchement s'était bien passé, on s'est dit pourquoi ne pas essayer une alternative plus douce que le travail où on se fait dire pousse, pousse, pousse. »

Son conjoint, d'abord septique, a dû admettre que la méthode semble porter ses fruits. « De temps en temps, entre les contractions, elle dormait. C'était l'fun, elle était relax », raconte Guillaume Marchand, qui a vu sa conjointe accoucher dans le calme, sans épidurale.

De plus en plus d'accompagnantes à la naissance enseignent l'accouchement sous hypnose. Il existe même des formations d'autohypnose, sous forme de CD. Il s'agit d'une méthode naturelle reconnue par le Collège des médecins du Québec et que plusieurs recommandent à leurs patientes.

« Si l'anesthésiste est pris en césarienne avec une patiente qui saigne, ça se peut qu'on ne le voie pas pour deux heures, explique la médecin Julie Choquet. Donc même pour les gens qui veulent une épidurale, c'est intéressant de pouvoir utiliser des méthodes alternatives pendant une partie du travail. »

Pour voir le reportage


L’Hypnose: ni magie ni miracle - Le Soir

Oubliez les « Dormez, je le veux », les regards magnétiques et les pendules qui oscillent. Loin des clichés du showbiz et des guérisons incroyables, l’hypnose est devenue un outil médical utilisé aussi bien dans le contrôle de la douleur qu’en psychothérapie.

Près de deux cent cinquante ans après sa découverte par le médecin allemand Franz Anton Mesmer, l’hypnose fascine toujours. Elle garde aussi une part de mystère que la science n’est pas encore parvenue à percer complètement. Il suffit de penser aux exploits de l’hypnotiseur québécois Messmer, dont le pseudonyme est un hommage au Mesmer des origines, pour s’en convaincre. L’homme, un surdoué du spectacle au regard envoûtant, se produit depuis l’âge de 15 ans et a déjà réussi à subjuguer quatre cent vingt-deux personnes en moins de cinq minutes ! Sur scène, il fait tomber ses cobayes en catalepsie, leur fait revivre leur vie de fœtus puis de bébé, et parvient même à leur faire oublier l’existence de certains nombres !

Un talent naturel et universel

Les capacités extraordinaires que l’on prête à Messmer comme à ses confrères moins célèbres n’existent pourtant pas. Le seul à avoir un réel pouvoir est l’hypnotisé lui-même ! Et, contrairement à ce que l’on pourrait croire, il reste parfaitement conscient durant tout le spectacle. L’hypnose est en effet un état naturel de l’individu, qu’un tiers aide à réactiver ou apprend à reproduire dans le cas de l’autohypnose. Ce n’est pas une aptitude particulière dont disposeraient certains êtres un peu à part, moitié démiurges, moitié magiciens : tout le monde peut parvenir à l’hypnose. La professeure Marie-Élisabeth Faymonville, médecin anesthésiste au CHU de Liège et spécialiste mondialement reconnue de l’hypnose médicale, est catégorique à ce sujet : Il est faux de dire que l’on hypnotise quelqu’un. L’hypnose est un état dans lequel l’individu se place lui-même. L’hypnotiseur s’applique juste à créer les conditions favorables chez le patient.

L’hypnose permet au patient de prendre part à son traitement et rend les interventions plus humaines

Mais alors, qu’est-ce ce que l’hypnose en réalité ? On n’en sait encore trop rien. Tout juste est-on sûr qu’elle n’a rien à voir avec le sommeil. Le seul moment où l’on peut affirmer qu’une personne n’est pas sous hypnose, c’est quand elle dort !, affirme, avec une pointe d’ironie, le Dr Paul-Henri Mambourg, psychiatre et président de l’Institut Milton Erickson de Liège. L’état hypnotique ne différerait ainsi pas fondamentalement d’autres états de conscience modifiés tels les rêves éveillés. Ces états modifiés de conscience, nous en connaissons tous et tout le temps, poursuit le Dr Mambourg. C’est le cas lorsque nous regardons la télé, que nous effectuons une tâche prenante, que nous conduisons de manière automatique… Au bout d’un moment, nous oublions en partie le monde extérieur et éventuellement aussi notre mal de dos ! Cette capacité est mise à profit par l’hypnose médicale pour aider les personnes à prendre une certaine distance par rapport à leur souffrance physique ou mentale. Si l’hypnose reste encore une énigme, la réalité du phénomène ne fait cependant aucun doute. Les techniques d’imagerie médicale montrent que les connexions entre les différentes régions du cerveau se modifient lorsque l’on est sous hypnose, enchaîne Marie-Élisabeth Faymonville. Les individus activent par exemple les aires de la vision ou du mouvement comme s’ils voyaient ou se déplaçaient réellement ! On a aussi pu montrer que l’hypnose modifie la façon dont la douleur est traitée par le cerveau. On sait également qu’une personne sous hypnose voit son raisonnement et son jugement partiellement mis en veille. Elle devient plus suggestible.

C’est cette suggestibilité accrue (la capacité à recevoir des suggestions, NDLR) qui est mise à profit en thérapie pour dépasser certains blocages inconscients. Pour une raison encore inconnue, l’hypnose agirait comme une sorte de catalyseur de changement. Les souffrances psychologiques entraînent souvent des schémas de fonctionnement très rigides, dont on n’arrive pas à sortir, précise le Dr Mambourg. L’hypnose nous permet d’accéder plus aisément aux ressources que nous possédons en nous, à nos capacités internes. Elle élargit les choix de solutions, mobilise notre psychisme et peut nous aider à dépasser bien des blocages.

En salle d’op’

Aujourd’hui couramment utilisée en psychothérapie pour une large palette de troubles psychologiques et somatiques, qui va des assuétudes aux angoisses en passant par l’insomnie, les traumatismes, les deuils et les troubles obsessionnels compulsifs, l’hypnose n’est pourtant pas une technique miracle. Elle reste bien sûr un outil parmi d’autres. Les gens pensent parfois qu’il suffit d’une séance d’hypnose pour arrêter de fumer. C’est complètement faux !, conteste le Dr Paul-Henri Mambourg. C’est un apprentissage qui permet d’affronter une situation de manière plus sereine.

Certains le font très rapidement, mais c’est parfois plus compliqué pour d’autres. Le praticien, lui, ne fait qu’accompagner ce travail, qui ne débouche d’ailleurs pas toujours sur l’effet souhaité. L’hypnose ne permettra par exemple pas nécessairement de guérir une addiction. Mais elle aidera le patient à trouver une solution par rapport à son problème. Nous voilà loin des effets prodigieux parfois avancés lorsqu’on évoque ce curieux état. Étonnante, l’hypnose l’est pourtant quand elle est utilisée dans le contrôle de la douleur, en dentisterie, en soins palliatifs, contre les douleurs chroniques, les effets secondaires des traitements du cancer ou comme mode d’anesthésie alternatif. Cette dernière indication s’est tout particulièrement développée ces dernières années.

L’hypnosédation, comme on la nomme scientifiquement, est pratiquée en routine dans un nombre croissant de centres hospitaliers, pour des interventions qui ne sont pas toutes mineures : thyroïdectomies, chirurgie plastique ou ORL (extraction des dents de sagesse), hernies inguinales…
On peut même pratiquer l’ablation d’un sein ou une hystérectomie vaginale sous hypnosédation, souligne Marie-Élisabeth Faymonville. Les raisons de cet engouement sont faciles à comprendre. Le recours à l’hypnose permet de remplacer une anesthésie générale, toujours assez lourde et non dénuée d’effets secondaires, par une simple anesthésie locale. Elle autorise également le patient à prendre une part active dans son traitement, rend les interventions plus humaines. Une sensation de liberté qui en ravit plus d’un. Mais les avantages de l’hypnosédation sont loin de s’arrêter là. Le confort du malade se voit ainsi amélioré, les nausées et vomissements réduits.

On constate également une baisse de l’anxiété, de la douleur postopératoire, des effets liés aux médicaments. La récupération et la reprise du travail s’avèrent aussi plus rapides. Tout bénéfice pour le patient… et la Sécurité sociale ! Concrètement, le recours à l’hypnose est évoqué lors d’une consultation de préanesthésie classique. Les patients intéressés se voient ensuite remettre un « devoir » à faire chez eux : trouver une image mentale qui les apaise. Cela peut être un lieu, un souvenir de vacances, une activité agréable. La personne ne reverra ensuite son anesthésiste-hypnotiseur que le jour de l’intervention. Et restera consciente durant toute celle-ci. Effrayant ?
Ce qui est important, c’est la motivation, la coopération et la confiance. C’est pour cela que nous restons à côté du patient durant toute l’intervention. Ce dernier peut à tout moment réclamer une anesthésie générale. Mais il est très rare que ce soit nécessaire, précise la professeure Fabienne Roelants, médecin anesthésiste aux Cliniques universitaires Saint-Luc.

Attention, manipulation ?

Si chacun d’entre nous est un hypnotiseur qui s’ignore, certains virtuoses se montrent cependant plus doués que d’autres. Les artistes du music-hall le savent bien, eux qui s’arrangent pour sélectionner ceux qui, parmi le public, seront les plus réceptifs à leurs suggestions : quelques personnes tout au plus sur des centaines de spectateurs. Ceux-là seuls participeront aux numéros les plus extraordinaires. Mais le talent des hypnotisés volontaires dépasse parfois les espérances des praticiens du showbiz. Certains se souviennent peut-être de la mésaventure arrivée à l’un des chroniqueurs de l’émission « Touche pas à mon poste ». Placé sous hypnose, le journaliste Gilles Verdez avait semble-t-il fort mal réagi à l’induction. Au point d’en sortir apparemment très perturbé.

On s’interroge donc : cette technique permet-elle de manipuler autrui à son insu ? En principe, non. Une personne bien dans sa tête résiste normalement aux suggestions en désaccord avec son éthique, précise la professeure Faymonville. Il y a cependant des situations où l’individu peut être fragilisé psychologiquement. Avec le temps, il peut être manipulé pour lui faire réaliser des choses contraires à ses convictions. Pour le Dr Paul-Henri Mambourg : Il y a pire que ce type de démonstration, qui reste après tout un spectacle fait pour amuser les gens. Ce sont les personnes qui ont recours à l’hypnose pour soigner en dehors de toute déontologie et formation sérieuse, qui promettent la guérison à coup sûr des assuétudes, des problèmes personnels. L’hypnose est un outil utile, elle doit être réalisée dans l’intérêt du patient. Son utilisation doit rester aux mains de praticiens bien formés et compétents. En Belgique, aucune loi n’encadre la pratique de l’hypnose et les formations font se côtoyer le meilleur comme le pire. Une mise en garde indispensable pour ne pas se faire endormir.
Didier Dillen


Laurent Gross
Dirige le Collège d'Hypnose & Thérapies Intégratives de Paris. Il est kinésithérapeute,... En savoir plus sur cet auteur


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